Tchernobyl 1986-2019

Que s’est-il passé le 26 avril 1986 à Tchernobyl (la traduction dérivée de чорнобиль est merle noir) ou plus précisément Prypiat ?!
Quelles ont été les conséquences dans les heures et les jours qui ont suivi, en Ukraine et en Europe, et donc aussi en France.
Aujourd’hui, 33 ans après, quelles leçons en tirer et que reste t-il du site et de la zone d’exclusion ?!

Lutte contre l’incendie (26 avril 1986)
Étouffement du cœur du réacteur en fusion (26 avril – 14 mai)
Écroulement final du cœur
Construction du premier sarcophage et décontamination (14 mai – décembre 1986)

Alors que l’URSS sous la direction de Mikhaïl Gorbatchev a amorcé un certain nombre de transformations, l’accident nucléaire de Tchernobyl montre au grand jour les faiblesses scientifiques, techniques et de sécurité du pays. Il éclaire d’une lumière crue l’incurie du système en place. Ainsi pour Valeri Legassov, l’accident de Tchernobyl fut « le point extrême de tout ce qui n’allait pas dans la gestion de l’économie du pays ».

L’accident nucléaire a eu un énorme impact économique dans les trois pays. La plus grande conséquence économique est due aux pertes de terrains agricoles et de forêts (784 000 ha de terrains agricoles et 694 000 ha de forêts ont dû être abandonnés) et d’établissements ruraux. La situation économique problématique consécutive à la chute de l’URSS a également été aggravée par la perte des sources de revenus secondaires qu’étaient la chasse, la pêche…Selon Gorbatchev, l’ensemble de la liquidation a coûté 18 milliards de dollars.

Le nouveau sarcophage, construit avec l’aide d’un financement européen, a coûté 1,426 milliard d’euros. Il devrait tenir un siècle. Depuis fin 2016, sa structure métallique recouvre le premier sarcophage de béton et de plomb construit à la hâte par les Soviétiques, destiné lui à durer 30 ans.

Sur 30 ans, plusieurs rapports cités par l’IAEA estiment le coût de la catastrophe de Tchernobyl à plusieurs centaines de milliards de dollars. Pour sa part, le directeur de Greenpeace France, Pascal Husting, chiffre le coût total de Tchernobyl à 1 000 milliards.

Des divergences subsistent sur l’évaluation à long terme des conséquences sur le milieu naturel : la contamination de longue durée de plantes forestières et de gibier, une forte mortalité d’animaux invertébrés ou mammifères, ainsi qu’un impact sur la durée de vie des conifères ont été évoqués. Certains médias évoquent une nouvelle biodiversité consécutive à l’abandon par l’homme des environs de la centrale. En effet, moins de quinze ans après l’accident, on constate que la nature a repris petit à petit ses droits dans les zones contaminées. Presque toutes les espèces animales se multiplient librement. Cigognes, grues grises et toutes sortes de poissons et oiseaux refont leur apparition. Selon Robert Baker, de l’université Tech au Texas, « le départ des hommes a contrebalancé beaucoup des effets négatifs liés aux rayons ionisants. L’industrialisation, l’élevage, l’agriculture et la chasse sont des activités plus dévastatrices pour la biodiversité que le pire accident nucléaire ». Cependant, ce point de vue est sujet à débat. Selon Kate Brown, « dans les zones les plus radioactives, ils ne peuvent même pas capturer de souris, car il n’y en a pas. Il y a aussi très peu de pollinisateurs, donc très peu de fruits et d’animaux frugivores comme les oiseaux. La population d’oiseaux a chuté de 66 % dans ces zones, et ceux qui y vivent souffrent souvent de malformations. Les feuilles et arbres morts ne se décomposent pas, car il n’y a pas assez d’insectes et de microbes pour s’en charger. ».

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